24-02—26

Visite de Ph. Chapelle au BDD de Kikwit (RDC) du 29/9/25 au 1/10/25/25

Dans le cadre du projet WBI actuel (1/1/25 au 31/12/26) Ph. Chapelle de CODEART s’est rendu à Kikwit au BDD (Bureau Diocésain de Développement) en vue d’une installation d’un atelier de transformation pilote de l’arachide en pâte d’arachide sur le site du BDD à Kikwit. On participé à cette réunion de travail le directeur du BDD, Mr. A. IBAMUR NTIL et son agroéconomiste, Mr. J. MAFISI.  Ph. Chapelle y a également rencontré la Sœur P. KATUNDA, du Bureau diocésain des Œuvres Médicales, et la Sœur Henriette, nutritionniste du BDD.

1.   DONNEES TECHNIQUES COMME BASE DE TRAVAIL

Le diagramme de flux (voir annexe) qui donne un aperçu des étapes successives de transformation et de triage des arachides, nous a servi de référence. Ses données quantitatives sont basées sur une production en pâte d’arachide de 325 kg par semaine, nécessitant 500 kg d’arachides coques à l’entrée. Ce rythme de production peut être atteint par un seul opérateur effectuant les différentes étapes de production les unes après les autres sur un cycle d’une semaine par exemple. L’engagement d’un second opérateur permettrait dans le futur une meilleure utilisation de la capacité de production disponible en opérant les machines simultanément, ceci en supposant toutefois que les sources d’approvisionnement en amont et le potentiel de vente en aval puissent atteindre les volumes requis.
Le directeur souligne que l’étape de dépelliculage après torréfaction n’est généralement pas pratiquée à Kikwit et que nous pourrions donc envisager sa suppression. Cette simplification du procédé sera évaluée par des tests de qualité comparatifs, notamment lors de la mise en service de l’atelier.

2. INFRASTRUCTURES DISPONIBLES AU BDD

Le BDD dispose d’une grande superficie de terrain libre sur leur site dont l’enceinte est gardée 24 heures sur 24. Le choix du bâtiment affecté au futur atelier arachide nous a été confirmé : il s’agit d’un ancien garage (Figure mise en avant et  Fig.1. montrant sa face arrière). La structure et la superficie utile du bâtiment répondent aux besoins du projet.

Figure 1: vue arrière du garage actuel.

Les travaux de réhabilitation nécessaires, qui seront entièrement pris en charge par le BDD avant l’arrivée des machines, comportent plusieurs postes:
–  Remise en état du sol qui est dégradé et présente une surface fort irrégulière;
–  Remplacement de la couverture en tôle ondulée ( Fig. 2);
–  Pose d’un plafond qui améliorerait l’hygiène général de l’atelier en l’isolant de la charpente ;
–  Grillager les ventaux (ouvertures inclinées dans la maçonnerie qui assurent la ventilation du local) dans le but de protéger le futur atelier des nuisibles.
–  Eclairage devra être ajouté au plafond et cela en particulier aux endroits prévus pour le triage des arachides. Codeart fournira le matériel électrique nécessaire (câbles, interrupteur et luminaires LED) en même temps que les machines.
–  Réparation ou remplacement de la porte d’accès en bois et des portes intérieures ;
–  Passage pour la cheminée du torréfacteur : l’endroit et le diamètre de cette ouverture seront précisés par Codeart.

Figure 2: vue intérieure

3. SOURCES D’ENERGIE ELECTRIQUE

Les besoins en électricité du futur atelier sont les suivants :
–  Décortiqueuse (moteur électrique de 750 W)
–  Torréfacteur (moteur électrique de 750 W pour l’entrainement du tambour)
–  Broyeur final (moteur électrique de 1500 W)
–  Eclairage LED, notamment des tables de triage (50 W)
Au démarrage du projet, l’énergie électrique nécessaire sera produite au moyen d’un groupe électrogène, les subsides actuels ne permettant pas d’investir dans un système photovoltaïque notamment à cause des coûts de transport élevés des panneaux récepteurs. Comme Il n’y a pas actuellement  de groupe électrogène disponible au BDD il y aura lieu de financer ce groupe par un crédit qui sera remboursé par les bénéfices générés par l’atelier arachide. L’intérêt d’un système photovoltaïque pourra être évalué plus tard en fonction des premiers retours sur investissement du futur atelier de transformation d’arachides.

4.  APPROVISIONNEMENT ET STOCKAGE DES ARACHIDES COQUES

La variété vendue au marché de Kikwit est la « JL-24 » dont la taille des cacahuètes varie d’un lot à l’autre. Le BDD prévoit de s’approvisionner en arachides coques au port du Kwilu à Kikwit et non pas directement chez les producteurs qui se situent à plus de 100 km. A Kikwit, le prix d’achat des arachides coques varie entre 200 et 240.000 Fc selon la saison, le prix étant le plus bas en période de récolte. Une année comprend deux périodes de récolte différentes, la principale s’étalant de décembre à janvier, la seconde d’avril à mai. Des pénuries surviennent fréquemment entre ces périodes vu l’absence de stockage chez les producteurs qui écoulent leur production au fur et à mesure des récoltes. Le prix d’achat à Kikwit est généralement supérieur de 100.000 Fc au prix d’achat chez les producteurs, la différence étant liée au transport.

Le BDD devrait disposer d’une certaine capacité de stockage en arachides coques s’il voulait empêcher l’arrêt de l’atelier en période de pénurie et permettre aussi l’achat de cette matière première aux prix les plus intéressants. Pour assurer un fonctionnement ininterrompu de l’atelier pendant toute l’année, cette capacité de stockage devrait correspondre au minimum à 4 mois de production. Pour un traitement de 500 kg d’arachides coques par semaine, qui est l’objectif de production actuel, ce stockage devrait donc avoir une capacité de 8 tonnes, soit approximativement 24 m³ au vu de la densité des arachides coques.

La faisabilité d’un tel stockage n’est pas évidente vu les ravages que peuvent causer différents nuisibles tels que les charançons, notamment la bruche de l’arachide, les moisissures, les souris, … Au niveau industriel, il  recours à un traitement chimique, mais est-il idéal pour un atelier artisanal comme celui envisagé au BDD ? C’est pourquoi, il y a intérêt à évaluer un temps de stockage intermédiaire qui permettrait de prolonger quelque peu les périodes de production sans encourir de risque excessif par les nuisibles.

Le container transportant le matériel de Codeart et dont le volume correspond à la capacité souhaitée de 24 m³, serait une solution de stockage optimale à condition qu’il peut demeurer à Kikwit! Les arachides coques y seraient entreposées dans leurs sacs habituels ou dans des big-bags de 2 m³ fournis par Codeart. Une piste alternative serait le recours à un silo de stockage métallique, éventuellement de réemploi.

Quel que soit le mode de stockage envisagé, une inspection préliminaire de chaque arrivage d’arachides est indispensable pour éviter de mettre en stock des lots fortement contaminés ou insuffisamment séchés. Une aire de séchage sera d’ailleurs aménagée par les soins du BDD pour compléter le séchage des arachides coques si nécessaire avant leur mise en stock, l’humidité du produit ne pouvant pas dépasser 10% sous peine de voir apparaitre des moisissures.

5. PRODUIT FINI ET CONDITIONNEMENT

Le BDD n’envisage aucun additif, ni aucun condiment, hormis peut-être le sel dans une partie de leur production. A Kikwit, la pâte d’arachide se vend actuellement dans des petits sachets plastique dont les exemplaires achetés pendant la mission avaient des poids variant entre 7,5 à 38,5 grammes. Le conditionnement envisagé par le BDD sont des pots en matière plastique de 50 / 100 / 250 / 500g.

Codeart recherchera des données sur la durée de conservation des pâtes d’arachide en absence d’additif et à des températures de stockage proches de 30°C. Le directeur du BDD se renseigne auprès de l’Office de Contrôle Congolais (OCC) sur les contrôles de qualité qui doivent être réalisés en RDC.

Un manuel axé sur le risque d’intoxication par les aflatoxines que produisent les moisissures quand elles infectent les arachides a été transmis aux responsables du BDD. Il détaille les précautions et les opérations de triage nécessaires tout au long des étapes d’approvisionnement, de stockage et de transformation.

Annexe