11-06—26

Projet de transformation de l’arachide

Richesse nutritionnelle de l’arachide :

L’arachide est une graine de la famille des légumineuses très riche en protéines, en lipides, en fibres ainsi qu’en minéraux et vitamines.  Elle est cultivée dans les pays tropicaux et subtropicaux; on la retrouve en Rép. Dém du Congo.

L’arachide se consomme crue, bouillie ou rôtie et fait partie des plats de légumes en remplacement de la viande.  C’est un rare produit qui peut être utilisé tant dans les plats salés que sucré, de l’apéro au dessert!

Elle peut également être transformée en beurre d’arachide pour la préparation de sauces ou pour être tartinée sur le pain ou les cassaves (galettes de manioc).

Une nouvelle activité entrepreneuriale :

La transformation de l’arachide est simple et beaucoup de familles congolaises achètent de petites quantités d’arachides en vrac qu’elles cuisinent selon leurs besoins.

Après renseignements auprès de nos partenaires, il semble qu’il n’existe pas de pâte d’arachide sur le marché congolais, en tout cas, ni à Kikwit, ni à Kahemba.  Ce produit peut ainsi devenir la base d’une activité entrepreneuriale offrant une valeur ajoutée nettement supérieure à la simple vente d’arachides en coques.  C’est un produit simple à transformer, extrêmement polyvalent et pouvant être utilisé dans une grande variété de plats.

De plus, la pâte d’arachide est une partie de la solution pouvant réduire l’apparition des cas d’enfants et de jeunes mamans atteints de la maladie du Konzo à Kahemba.

C’est donc dans le cadre du projet MAK (manioc-arachide-Konzo) actuel que CODEART se penche plus particulièrement sur la transformation de l’arachide.

Les étapes de la transformation

La conservation :

Les arachides sont achetées en vrac et en coques. Elles doivent être conservées dans un endroit frais et sec pour éviter la rancidité et l’apparition d’une moisissure produisant des aflatoxines qui sont des substances cancérigènes.

Elles doivent aussi être à l’abri des ravageurs !

Dans le cadre de notre projet, le conteneur maritime permettant l’envoi du matériel pour l’installation de l’atelier sera un peu adapté et servira de lieu de stockage des arachides achetées en vrac en haute saison de production.

Le triage :

Un premier triage manuel s’impose afin d’éliminer les arachides ne présentant pas un aspect extérieur impeccable. Cette étape permet aussi l’élimination des impuretés.

Le décorticage :

Les arachides sont ensuite décortiquées soit manuellement, soit avec une décortiqueuse.  CODEART a choisi l’option d’acheter une décortiqueuse et de l’adapter pour la rendre plus sécuritaire.

Le second triage :

Un second triage à la sortie du décortiqueur va permettre d’enlever la pellicule brune et d’éventuels résidus.

La torréfaction :

Les cacahuètes sont ensuite torréfiées. Là aussi CODEART a choisi l’achat d’un torréfacteur alimenté au charbon de bois.  Le torréfacteur a été adapté avec une table de refroidissement en inox munie d’un ventilateur accueillant les graines torréfiées à la sortie de l’opération.

Le broyage et conditionnement :

Les arachides torréfiées sont ensuite broyées permettant l’obtention d’une pâte fine, homogène et onctueuse.

Après avoir testé différentes techniques, notre choix s’est porté sur un équipement robuste qui assure à la fois le broyage et la mise en pots en dosage précis selon la quantité souhaitée par le marché. La pâte d’arachide est particulièrement adaptée aux conditions tropicales car elle se conserve sur une longue période sans réfrigération.

La mise en route de la transformation de l’arachide nous a demandé beaucoup de temps et d’énergie, car débuter une nouvelle filière de transformation exige une recherche approfondie sur les propriétés du produit ainsi que sur les machines de transformation disponibles sur le marché.

Une fois les machines choisies, achetées et testées, une étude des adaptations est entreprise au niveau énergétique, électrique, sécurité d’utilisation, facilité d’usage et d’hygiène.

Toutes ces adaptations doivent correspondre aux besoins réels de nos partenaires dans le Sud.

Les photos jointes montrent les premiers essais de transformation à l’atelier pendant lesquels des paramètres de vitesse, de température, de temps de torréfaction, de séchage, … sont rigoureusement testés et consignés jusqu’à l’obtention d’un produit fini répondant à des critères précis de qualité, comme l’homogénéité et la granularité de la pâte produite.

Atelier pilote à Kikwit

Les différentes machines de transformation (décortiqueuse, table de triage, torréfacteur, broyeur et doseur pour mise en pôts) seront prêtes à l’exportation fin juin voir début juillet 2026.

Elles prendront place à Kikwit dans un atelier que le partenaire, le Bureau Diocésain du Développement, est en train de mettre en place. L’atelier sera géré sous la responsabilité d’un employé local et est, dans un premier temps, un atelier prototype afin de tester les équipements en conditions réelles, d’adapter et affiner les réglages techniques des machines et des procédés et d’ajuster l’organisation de travail aux réalités locales (approvisionnement en matières premières, rythmes de production, gestion, …). Les résultats financiers et la viabilité seront également au cœur des préoccupations de cet atelier prototype.

Une fois que l’atelier aura atteint sa vitesse de croisière, il sera appelé à devenir un atelier-vitrine.

Ce terme désigne un atelier modèle, ouvert à l’observation et aux visites, qui permet de démontrer concrètement un savoir-faire et un processus de production, afin d’inspirer d’autres associations, groupements de paysans ou entrepreneurs à reproduire le concept ailleurs.

           

trieuse d’arachides

torréfacteur

broyeur WeNut