Congo
05-11—19

Le Konzo : une maladie incurable qui peut être éradiquée

3771 cas de Konzo ont été déclarés dans la zone de Kahemba  à l’ouest de la République démocratique du Congo de 2004 à 2016. Le Konzo est une maladie incurable qui provient de la consommation régulière de manioc cru ou peu cuit. A l’instar de la pomme de terre, le manioc peut être toxique à cause du cyanure qu’il contient. Cependant, diminuer la consommation de manioc dans la région est illusoire car l’activité économique principale de Kahemba se concentre à 60% dans l’agriculture de subsistance (maïs, arachide, haricot et manioc). De plus, le territoire de Kahemba est enclavé. Les produits non locaux y sont donc relativement chers.

 

Comment réduire la toxicité du manioc ?

 

Avant de le consommer, les Congolais devraient réaliser un rouissage de 4 jours, c’est-à-dire, laisser tremper le tubercule dans l’eau pour éliminer le cyanure avant d’être consommé, ce qui demande de grandes quantités d’eau. Mais, l’est est peu disponible dans la région et les familles victimes de Konzo manquent des moyens financiers pour s’approvisionner en eau potable. Le manioc est donc insuffisamment roui surtout durant les saisons sèches et durant les périodes de famine. Même si les gens connaissent les risques liés à un rouissage insuffisant, l’accès limité à l’eau et la pression alimentaire ou financière les poussent à écourter la durée du rouissage ou à le réaliser dans de mauvaises conditions tel que dans une cuve d’eau rarement renouvelée et arrivant rapidement à saturation de cyanure.

Ces familles précaires qui n’ont pas la possibilité de s’acheter de l’eau ou de manger des produits non locaux vont continuer à s’alimenter de manioc. On se trouve donc en présence d’une maladie qui présente un haut risque de se répéter de génération en génération !

 

Quelles sont les conséquences de la maladie ?

 

La maladie attaque les membres inférieurs et la colonne vertébrale ce qui provoque une paralysie irréversible des jambes et du dos. Des troubles du langage et de la vision peuvent également apparaître. 99 % de cas malades vivent dans des familles extrêmement pauvres et reste totalement indépendant à tout point de vue. Les enfants Konzo sont sujet de marginalisation entrainant comme conséquence la déperdition scolaire. Selon l’OMS (2015), le konzo est mortel dans un cas sur cinq et touche davantage les enfants car la dose mortelle de cyanure est comprise entre 0,5 et 3,5mg par kilogramme de poids corporel.

 

 

À propos de Manihot esculenta…, film réalisé par Alain Daniel

 

ON Y VOIT des images de victimes du konzo, une paralysie irréversible qui frappe chaque année des centaines d’enfants et de jeunes de RDC, d’Angola et du Mozambique.

ON COMPREND que c’est l’acide cyanhydrique, un poison qui reste présent dans le manioc amer mal détoxifié qui déclenche le konzo de façon foudroyante chez les personnes dont l’alimentation est pauvre en protéines.

ON APPREND qu’il existe des procédés techniques traditionnels en Amérique latine et améliorés par CODEART qui permettent d’éliminer totalement le poison présent dans le manioc amer.